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Les aidants : difficultés psychologiques et aide

Posté le 14 October 2016 dans Maintien à domicile

Plus de 8,3 millions de Français sont des « aidants familiaux », des personnes qui viennent apporter leur aide quotidienne à leur proche, personne âgée en perte d’autonomie ou en état de forte dépendance suite à une maladie. Dans certaines situations, l’aidant familial intervient dans un premier temps pour une aide ponctuelle, comme par exemple la réalisation des courses ou celle des tâches ménagères. Avec l'accentuation de la dépendance du proche âgé, l’aidant va intervenir dans des tâches de plus nombreuses et être beaucoup plus présent dans la vie quotidienne de cette dernière. L'accompagnement peut alors se transformer en « travail à plein temps ». En moyenne, un aidant familial intervient 7h30 par jour pour aider son proche dépendant.

Au-delà des difficultés des personnes âgées en perte d’autonomie, la dépendance engendre des bouleversements dans la vie de leurs proches qui leur viennent en aide. L'Association Française des Aidants évoque par exemple un sentiment de manque de considération du travail volontaire réalisé par les aidants. Cette sous-estimation, mais aussi le sentiment de culpabilité sous-jacent vis-à-vis du proche en perte d’autonomie, parfois la maltraitance passive par ce dernier, ces différents facteurs accentuent une fatigue morale chez l’aidant et peuvent générer la dépression et l’épuisement.

D’après une enquête BVA-Novartis sur les aidants familiaux d’octobre 2010, cet investissement important peut aussi impacter la gestion de leur vie personnelle. 26 % d'entre eux ont dû s’absenter de leur travail du fait de leur rôle d’aidant. 8 % ont dû par ailleurs arrêter ou réduire certaines de leurs activités professionnelles, et 15% estiment avoir été pénalisés dans leur évolution professionnelle.

De ce fait, 64 % des aidants souhaiteraient un aménagement de leur temps ou lieu de travail pour venir en aide à leur proche. Les principales difficultés rencontrées sont le manque de temps (39%), le stress (21%), la fatigue (19%), la culpabilité (7%) et la perte de revenus (3%).

En effet, les contraintes financières ne constituent pas le seul problème de la dépendance, les difficultés psychologiques nécessitent une attention toute particulière.

La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) revalorise le droit au répit des aidants familiaux avec la possibilité de recours à des solutions adaptées : accueil temporaire des personnes dépendantes en établissement ou famille d'accueil, relais à domicile, etc. Les familles peuvent même réserver des séjours de vacances dans des centres adaptés, où la personne dépendante est prise en charge par des professionnels durant tout le séjour. Cela permet aux aidants de rompre avec le quotidien sans éprouver le sentiment de culpabilité.

Il existe également plusieurs dispositifs de soutien psychologique. Certaines plates-formes de téléassistance sont à l’écoute des aidants 24h/24h. Diverses associations organisent des cafés des aidants et des réunions animées par des psychologues, destinées à partager l’expérience et éviter le repli sur soi. Les CCAS (centres communaux d’action sociale) et les Clics (Centres locaux d'information et de coordination) ont également la possibilité de leur procurer un soutien psychologique. L'Association Française des Aidants leur ouvre ses portes pour les écouter, les accompagner et milite pour qu'ils soient pris en considération dans leur juste rôle et à leur juste place au sein de notre société. 

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